samedi 23 août 2008

Elisabeth de France, duchesse de Parme revisitée




L'auteur de la miniature, tout en faisant oeuvre de composition originale, a pris appui sur le célèbre tableau de la duchesse de Parme par Adelaïde Labille-Guiard.
Pourtant, le personnage a perdu de sa superbe : chapeau moins coloré, plumes petites et moins fournies tant sur le bustier que sur le couvre-chef. Le jeu des ombres et lumières, encombrant sur une miniature ne donnant pas le cadre dans lequel évolue le personnage, a disparu, notamment sur le visage. Restent les manches bicolores, la forme du chapeau et sa barette, le décolleté.

Ci-dessous une vueduu tableau original dans toute son extension :

L'écouteuse de Greuze revisitée





Bien qu'au dos de cette miniature, il soit inscrit mademoiselle Carnaly, il n'a pas été difficile, vu le sujet étudié (une jeune fille au sein nu dans un cadre romantique) de repérer un sujet cher à Greuze, et le tableau de "l'Ecouteuse" fut démasqué comme le modèle du miniaturiste Lorin ou Larin.

On remarquera la maladresse du sein, à peine visible désormais, comme de la main (ce en quoi Greuze ici n'a pas fait la meilleure non plus). L'attitude de la jeune fille est plus droite ; l'ensemble du sujet est cependant respecté.

Si vous avez plus de renseignement sur le miniaturiste ou sur Mlle Carnaly, je suis preneur.

vendredi 22 août 2008

la princesse de Lamballe revisitée par Alfonzi




Alfonzi, gardant la même thématique de couleur bleu-blanc de ses autres miniatures, a copié la princesse de Lamballe de Jean-Marc Nattier. Les froufrous des dentelles du bustier deviennent ordonnés, le noeud se simplifie, les boucles de cheveux s'ordonnent et perdent en complexité. Le regard terne d'origine (curieux pour cette femme si réputée pour son physique) devient plus vif et amical ; le visage se rajeunit et perd de sa lourdeur originelle du menton ; lourdeur perdue également par la poitrine. Les esbrousses de la chevelure deviennent de formidables coups de peignes.
Que reste-t-il de la princesse de Lamballe, Louise de Savoie Carignan ? Le chapeau rond dont les plumes de bleu sont devenues blanches) ; les manches froissées et blanches ; la posture et la thématique des couleurs.

Marie Antoinette revisitée par Alfonzi et Verrey - 2 -









Le même miniaturiste Alfonzi (image n°1) a reproduit encore Marie-Antoinette en se basant sur Gautier-Dagoty (lequel a fait deux versions du portrait : n°2 et 3). La différences est flagrante et l'identification même plus difficile ; ce n'est que par les procédés habituels d'Asforni que l'on peut deviner quelle fut sa source. Car on le voit : Alfonzi a, encore une fois, simplifié, rangé, ordonné l'agencement des vêtements et atours de la reine. Les dentelles du bustier, encore, ont perdu transparence et souplesse. Les vêtements n'ont plus de fleurs de lys t sont bleus unis ; la broche est devenue rouge. La chevelure, surtout, a été modifiée. Chapeau et décorations du couvre-chef ont disparu. Seule une couronne curieuse de perles à un tour remplace les perles multiples de Gautier-Dagoty. 4 rouleaux de cheveux remplacent a coiffure dressée de la reine (qui avait lancé cette mode).
A quoi peut-on reconnaitre la reine ? Aux perles dans les cheveux ; aux rouleaux de cheveux, les cheveux dans la nuque (vous me direz, Nattier en faisait des quantités) ; mais surtout l'arcade sourcillière très arrondie ; la paupière visible, le triangle tête en bas formé par le nez, que Ayorni a essayé de courber autant qu'à l'origine. Enfin, la bouche, étroite.

Verrey, quant à lui, a voulu réaliser une miniature plus fidèle (n°4), même si la direction du regard a changé et le vêtement s'est simplifié. A vrai dire, en terme de sources, le n°4 peut ramener à la peinture de Vigée-Lebrun, le chapeau s'en inspirant largement (n°5)

MARIE ANTOINETTE REVISITEE




Voici un exemple de reprise, par un artiste miniaturiste du XIXe siècle (Ayorni ? Alfonzi), du portrait de Vigée Lebrun. Comparons. Le miniaturiste a ordonné la divesité et les désordres de vêtement romantiques de la reine : voilà que les dentelles du bustier sont droites et ont perdu leur transparence ; le double collier rose est devenu unique et bleu ; des boucles d'oreilles ont été ajoutées ; le noeud de ruban à bandes bleues et long devient maigrelet et presque uni. Même les cheveux ébouriffés de la reine sont devenus brossés et ordonnés. Seuls les plis du chapeau reprennent peu ou prou l'ensemble, ainsi que quelques pli de la manche. Le chapeau a pris la couleur de la robe : bleue.
Que reste-t-il de la reine ? la bouche étroite, les sourcils bombés, les rouleaux des cheveux dans la nuque et sur les épaules. Le regard est moins direct, le nez plus droit.